Trophée Coupe de France : Le BCD arrache la victoire dans un finish haletant face à L'Etoile Bleu de Kaweni (70-69)
Trophée Coupe de France Zone Ocean Indien
SC
12/7/20254 min read


Au terme d'un match épique qui restera gravé dans les mémoires, le Basket Club Dionysien a décroché samedi soir le Trophée régional de la Coupe de France zone Océan Indien face à l'Étoile Bleue de Kaweni.
Score final : 70-69. Une victoire arrachée sur le fil qui clôture magnifiquement l'année 2025 des champions dionysiens, mais qui révèle aussi l'écart physique et athlétique grandissant entre les équipes réunionnaises et mahoraises.
Vincent Pota allume la mèche, le BCD déroule
Dès l'entame de la rencontre au gymnase Cotur du Port, Vincent Pota marque de son empreinte ce choc tant attendu.
Premier panier du match, interception suivie d'un dunk rageur pour marquer son territoire : le leader dionysien affiche d'entrée ses intentions. À peine quatre minutes de jeu, et c'est encore lui qui inscrit le panier du +10, donnant le ton d'une première mi-temps à sens unique.
Le BCD démontre toute sa maîtrise tactique et technique face à une équipe mahoraise privée de quatre joueurs de son effectif type et visiblement sans véritable plan de jeu structuré.
"On commence en jeu libre", lance le coach Djadair avant le coup d'envoi. Un choix qui se révélera payant... mais beaucoup plus tard dans la soirée.
Les intérieurs dionysiens verrouillent la raquette
Octavio Da Silveira et Anthony Payet imposent leur loi dans la peinture. Leur taille et leur puissance font merveille : raquette verrouillée, rebonds captés, second souffle étouffé.
Limités au rebond, les joueurs d'EBK peinent à développer leur jeu de relance rapide habituel et balbutient leur basketball sur attaque placée.
Sur un énième contre-attaque éclair, Pota s'envole pour un dunk dévastateur : +21 pour le BCD. Dans les gradins pourtant, ce sont les supporters mahorais qui donnent de la voix, bien présents malgré le calvaire que vivent leurs protégés sur le parquet.
À la mi-temps, le tableau d'affichage affiche un cinglant 47-30. Une seule ombre au tableau dionysien : l'absence de Souleymane Diallo, la recrue star ex-pro, qui manque à l'appel ce soir.
Fontaine et Djadair sortent les armes tactiques
La bataille entre les deux techniciens s'intensifie. Djadair lance sa presse tout terrain pour tenter de déstabiliser le BCD, tandis qu'Alexandre Fontaine répond par une zone 2-3 pour protéger sa raquette. Les Mahorais sont dominés dans le jeu mais refusent de lâcher prise, maintenant une forte intensité défensive sur l'homme.
Face au rouleau compresseur vert, un homme refuse de baisser les bras côté kawenien : Hamza.
Ses tirs à trois points maintiennent mentalement son équipe dans le match et évitent le raz-de-marée total.
Une faute du capitaine Biscou dans les dernières secondes du deuxième quart-temps offre trois lancers francs à Karim, qui les convertit tous. -17 points pour EBK à la pause, mais l'espoir demeure.
En ce début de troisième quart-temps, rien ne semble pourtant devoir changer. EBK continue à vendanger les actions alors qu'Octavio remet l'écart à +21 points pour le BCD.
Hamza plante deux nouveaux tirs primés, mais cela paraît dérisoire face à la domination dionysienne.
La remontada : quand Kaweni passe en mode guerrier
Puis, au milieu du troisième quart-temps, quelque chose bascule. EBK switch en mode remontada, comme lors de leur légendaire finale contre les Vautours de Labattoir.
Le jeu devient soudainement fluide, la balle circule à la perfection, le jeu de transition se met en place avec une efficacité redoutable.
Les paniers sur contre-attaque s'enchaînent à un rythme infernal. -12 points.
Alexandre Fontaine demande un temps mort, sentant la dynamique lui échapper dangereusement.
Trop tard. Le momentum a changé de camp. Les Mahorais réussissent à imposer leur dimension physique et athlétique face à des Dionysiens qui commencent à montrer des signes de fatigue inquiétants.
Alpha et Karim, très agressifs dans la dernière minute du troisième quart-temps, ramènent EBK à seulement 7 points en convertissant leurs lancers francs.
Un dernier acte à couper le souffle
Le quatrième quart-temps est une pure démonstration de courage et d'abnégation mahoraise. Malgré une rotation réduite, rappelons qu'EBK joue privée de quatre joueurs majeurs.
Les visiteurs maintiennent une intensité défensive rare qui leur permet de déployer leur jeu de transition dévastateur.
À six minutes de la fin, l'impensable se produit : Karim convertit deux lancers francs et Kaweni passe devant pour la première fois du match. Le gymnase Cotur s'embrase, les supporters mahorais explosent de joie. Les Dionysiens, sonnés, accusent le coup.
La tension atteint son paroxysme. L'arbitre principal réunit les coachs et capitaines des deux équipes pour les prévenir : "À la prochaine contestation, c'est faute technique !" Le match est au bord de l'explosion.
À deux minutes de la fin : 66-66, égalité parfaite. Le match se jouera sur un coup de dés.
La victoire au finish
À cinq secondes de la fin, les arbitres sifflent une faute de Hamza sur Octavio, déclenchant les protestations mahoraises dans les gradins.
L'intérieur dionysien se présente sur la ligne. Pression maximale. Il convertit un lancer franc sur deux. 70-69 pour le BCD.
EBK a encore une chance de remporter ce trophée qui leur tendait les bras. Remise en jeu. Lens récupère la balle, attaque le cercle avec détermination et réussit à attirer l'aide défensive. Alpha, le numéro 23, est seul sur la ligne de fond. Si la passe arrive, c'est panier assuré et titre pour Kaweni.
La passe n'arrivera jamais
Le buzzer retentit. Le BCD arrache la victoire dans la douleur. La fin est cruelle pour Kaweni, heureuse pour les Dionysiens qui peuvent enfin respirer après avoir frôlé la catastrophe.
Analyse : Le BCD s'en sort bien
Cette victoire clôture magnifiquement l'année 2025 du Basket Club Dionysien et confirme son statut de locomotive du basketball réunionnais. Un titre de champion de la Réunion, un Trophée Coupe de France et une finale inter-zone remportée : le contrat est remplis.
Mais au-delà du résultat final, ce match rappelle le défi physique que représentent désormais les équipes mahoraises. Une équipe de Kaweni privée de quatre joueurs majeurs, jouant sans réel plan tactique initial, a réussi à faire vaciller le BCD dans une rencontre qui semblait pourtant pliée après 20 minutes.
Crédit photo : facebook reunion la 1ere
